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3 questions à Claude Desaive, chirurgien et volontaire de terrain

Former des médecins jeunes et motivés à devenir chirurgiens : Claude Desaive a beaucoup d'expérience dans ce domaine en tant qu'ancien professeur à l’université de Liège (ULG). « C’est un privilège de pouvoir le faire maintenant depuis une quinzaine d’années dans différents pays africains », déclare ce volontaire de terrain de Médecins Sans Vacances.

Pourquoi êtes-vous volontaire chez Médecins Sans Vacances?

« Ce qui me motive, c'est de former des jeunes pour qui offrir de bons soins de santé est un moteur, plutôt que de gagner de l'argent. C'est un plaisir de pouvoir le faire entre autres au Burundi et en RD Congo ; je trouve le contact avec la population locale très agréable. »

Quels sont les plus grands défis pour vous?

« En tant que médecin belge, on travaille dans un système extrêmement bien rodé. Un généraliste n’opère pas chez nous, mais renvoie les personnes au spécialiste. En RD Congo, et presque partout en Afrique, c'est une toute autre histoire. Les médecins généralistes sont supposés savoir réaliser un certain nombre d’opérations "simples", mais leur formation n’est bien souvent pas suffisante et c’est le rôle de Médecins Sans Vacances de leur apporter le complément de formation indispensable. Enseigner la chirurgie de base aux généralistes est donc notre mission. Et ça marche: à l'hôpital de Walungu par exemple, trois de leurs médecins peuvent maintenant effectuer des interventions basiques. Ce qui est bien aussi, c'est que ces médecins gagnent ainsi la confiance de la population. C'est du bouche-à-oreille positif lorsqu'un patient peut dire aux autres que la chirurgie a été effectuée avec succès par des médecins locaux. »

De quel types d’interventions chirurgicales s’agit-il?

« Un trouble qui survient fréquemment est la hernie inguinale. Beaucoup de gens qui cultivent la terre y sont exposés car ils font du travail lourd et sont mal nourris en même temps. Quand ils soulèvent quelque chose de lourd, leur paroi abdominale peut se déchirer. C'est douloureux en soi, mais cela devient très dangereux quand une partie de l'intestin se coince dans l'ouverture et n’est plus vascularisée. Il est donc extrêmement important que les médecins locaux puissent enlever l'intestin malade et éventuellement placer une stomie (petite poche cousue à la peau et qui permet de récolter les selles). Ils peuvent maintenant le faire à l'hôpital d'Ijenda, au Burundi, où Médecins Sans Vacances a donné une formation. C’est un bon exemple de la manière dont l’échange de connaissances sauve la vie des patients. »

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