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Le Dr. Frans De Weer, pionnier et fondateur, pose un regard sur les 40 ans de Médecins Sans Vacances.

Le Dr. Frans De Weer, pionnier et fondateur : “Vouloir travailler sur base bénévole fut tout de suite une évidence. Nous ne voulions pas seulement opérer et repartir mais créer ensemble un impact durable grâce aux formations et au partage des connaissances."   

Vocation et solidarité internationale

Frans De Weer, chirurgien Etre médecin, se ressent comme un défi, une passion, une vocation. Lorsque Johan Mattelaer, un ami chirurgien, est revenu d’une mission dans un centre pour personnes handicapées au Cameroun, les expériences dont il m’a fait part, m’ont énormément inspirées. 

Les enfants nous accueillaient chaleureusement. Ils chantaient et scandaient Bienvenus les Médecins Sans VacancesC’est ainsi qu’est né notre nom. Chaque année, nous retournions sur place et entre-temps nous convainquions des collègues en Belgique de renforcer notre équipe en tant que bénévoles. 

Dès le départ, il nous a paru évident que nous voulions travailler sur le principe de formations et de partage des connaissancesCela signifiait donc ne pas se limiter à opérer et puis repartir mais bien créer un impact durable par le biais des formations, pour que le personnel local puisse lui-même continuer à employer de nouvelles techniques. Nous travaillions toujours à la demande des hôpitaux locaux. Nous n’imposions jamais quoi que ce soit."

 

Des postes en brousse aux hôpitaux de référence

"Et puis nos connaissances en RDC ont entendu parler de nos missions au Cameroun. Suite à cela, il nous a rapidement été demandé de collaborer aussi avec des hôpitaux là-bas. Nous nous sommes mis au travail dans différentes provinces, dans des hôpitaux de brousse jusque dans des hôpitaux de référence. Plus tard nous sommes aussi intervenus au Rwanda, au Burundi, au Burkina Faso et au Benin.

Au début, notre attention était centrée sur la polio. Nous développions des partenariats avec d’autres organisations et nous nous consacrions petit à petit à d’autres disciplines médicales. Notre plus grand souhait était toujours de finir par nous rendre superflus. Nous y sommes parvenus dans certains hôpitaux comme à l’hôpital Saint-Joseph à Kinshasa et à l’hôpital de Rilima au Rwanda, qui depuis fonctionnent de manière autonome et j’en suis particulièrement fier.

Un autre bel exemple est l’hôpital de Monvu (Est du Congo). Il peut depuis traiter des patients qui avant devaient être transférés à Bukavu. La mortalité infantile y est passée de 8% à 2%. L’hôpital est momentanément capable d’implémenter des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Grâce à cela, la population jouit maintenant d’un meilleur accès à des soins de santé de qualité".

Reconnaissance officielle 

"Je pense que, pendant ces 40 années comme volontaire, j’ai effectué environ 50 missions et que j’ai pu accompagner une centaine de médecins africains. Ensemble avec les collègues volontaires et depuis avec les experts locaux également, nous avons pu, en plus, traiter, guérir ou opérer des milliers de patients.

Les 10 premières années furent difficilesJ’exerçais à temps plein comme médecin en Belgique et Médecins Sans Vacances ne recevait pas un sou de subsides. Mon salon était notre quartier général. Nous nous réunissions le dimanche autour de la table et c’était essentiellement ma maman qui alors alimentait notre caisse et donnait de l’argentJ’étais très fier que nous tenions le coup.  Nous avons vécu notre reconnaissance comme ONG en 1996, comme une récompense professionnelle gigantesque. Cette reconnaissance est un de mes meilleurs souvenirs dans le cadre de la coopération au développement".

Croissance et évolution

"Je me souviens d’une belle citation. Quand Armand De Decker, alors ministre de la Coopération au Développement, a pris la parole lors du jubilé de nos 25 ans auquel assistait aussi la Reine Fabiola, il s’est exprimé ainsi : “Tout ce que ces experts ont réalisé en tant que volontaires, est incroyableMédecins Sans Vacances est vraiment unique".

L’évolution au cours de ces 40 ans est incroyable. Depuis, Médecins Sans Vacances a connu un élargissement incroyable en ce qui concerne les collaborateurs fixes ; des centaines de volontaires partent en mission, nous travaillons avec de nombreux experts locaux et l’organisation a élargi son champ d’action en se focalisant non seulement sur l’aspect médical mais aussi sur la bonne gestion du matériel et le management hospitalier.

J’apprécie que nous établissions en permanence des partenariats à long terme, que nous collaborions et que la demande émane encore toujours des hôpitaux locaux. Nous voyons d’énormes progrès dans les hôpitaux de référence dans les villes. La situation reste encore très difficile dans les hôpitaux situés en zones de brousses ou en zones très rurales.

Ensemble nous continuons à avancer grâce l’échange de connaissances. Je souhaite de tout coeur que les soins de santé en Afrique subsaharienne deviennent finalement partout des soins de qualité et accessibles à tous. Alors seulement, notre mission sera vraiment une réussite".

 

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(photo: Lieve Blancquaert)

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